« Appeaux »
(YY / Discograph)
On ouvre la porte et on laisse entrer l’air frais. Le folk vous sort par les yeux ? Alors Colin Chloé est aussi acoustiquement rock que Neil Young. Le son fait du grabuge comme chez Tue-Loup ou chez Murat. Enregistré en Bretagne avec des musiciens de Miossec et Tiersen, Colin Chloé emprunte à sa région la beauté rude des climats clairs-obscurs avec le vent qui vous requinque un macchabée. On a l’impression qu’il est toujours sur le fil, à la limite de l’écorché vif, mais chez Colin Chloé tout est maîtrisé. Ce poète ne se la raconte pas. Il chante ses histoires sans faire de fioritures, avec une écriture rêveuse et parfois militante. Sa voix, un peu rauque, pourrait parfois faire penser à un Fersen apaisé. Mais au-delà des comparaisons, c’est un nouvel artiste à l’univers singulier qui débarque. Et ce n’est pas tous les jours que cela arrive. Alors, laissez entrer l’air frais, et écoutez. www.colinchloe.com
Eric Nahon
CHRONIQUES
Colin Chloé
Dernières Chroniques
Ultra Bullit
« You can’t be serious! »
(Beast Records)
Premier album LP, « You can’t be serious » est une balle ultra bondissante, gonflée à bloc d’énergie rageuse, qui sert honorablement la spontanéité et la frénésie du son garage, dans sa plus simple expression. Album à références, allant de Led Zeppelin aux Hives en passant
Jône
« Jône »
(Autoproduit)
Jône (prononcez « jaune ») est « francophone, poly-instrumentiste, mélo-magique, rythmo-addict » selon ses propres termes. Duo de charme mais pas de choc, à en juger par l’exagérée douceur qui habite ce premier album, sauvé par
Jeanphilip
« Semblant d’y croire »
(Bunker D’Auteuil)
Un magnifique album, tout en tension retenue, en colère délicate. Quelque part entre Saez et Luke, et pourtant tellement différent de ce que l’on nous sert inlassablement sous l’appellation d’origine pas toujours contrôlée de rock français.
Vladimir Bozar’n’ Ze Sheraf Orkesträr
« Universal Sprache »
(Imago / CM)
Paroxysme du pastiche musical, et sans le moindre sample s’il vous plaît, le patchwork surréaliste de ces Bozar complètement déjantés se laisse déguster sans faim, mais néanmoins avec une certaine ouverture d’… oreille !
Markovo
« The Hot Saudade Club »
(Division Aléatoire)
Après un premier album (« Heligoland » en 2008) à l’accent post-rock mixé à une touche d’électro, Markovo revient et livre un second album, cette fois-ci résolument électronique. Si le socle n’est pas sans rappeler la scène minimale allemande
