
Le 28 janvier 2010
Quand Babylon Circus annonce un concert spécial « Entre amis » au Bataclan, on peut s’attendre à une soirée exceptionnelle. Le rôle d’assurer la première partie est revenu à Une Touche d’Optimisme, drôle de nom pour ce groupe montpelliérain qui monte, et pas que dans le nord. Ils ont déclaré qu’ils avaient le trac, et bien rassurons-les de suite : ça ne s’est absolument pas vu. Ces huit-là ont le swing festif, parfois même endiablé, et une énergie communicative. Ils évitent l’écueil de la facilité avec un style élaboré servi par un duo de guitares fameux. Ces petits frères de Debout sur le Zinc ont emporté l’adhésion du public et parfaitement rempli leur mission. A noter que la sortie de leur deuxième album « En avant pour demain » est imminente, et on s’en réjouit.
Puis la lumière se rallume dans la salle, tandis que les techniciens s’affairent sur scène, préparant un décor de fête : une plateforme à l’arrière pour les musiciens et un espace libre devant pour accueillir les invités. L’ambiance est déjà bouillonnante et la tension monte encore d’un cran quand le noir se fait. Un à un, ils arrivent, comme pour laisser durer le suspense encore un instant.

Car, dès les premières notes, il n’y a plus de doutes : la scène est leur arène, le public est conquis, bref ils sont ici comme chez eux. D’emblée, les neuf membres du groupe donnent le ton qui sonne comme l’hymne de la soirée : « De la musique et du bruit ». On est tout à fait d’accord, prêt à se laisser emporter dans ce voyage. Du swing ils passent à une valse et le Bataclan se transforme en bal populaire. Puis ils voguent avec aisance du reggae au ska, en passant par le dub et la chanson à texte. Dignes héritiers des Skatalites et de Desmond Dekker, ils explorent de multiples directions avec des références à Sinsémilia et à la Ruda de l’époque Salska, ou cette invitation sur la route des gitans où l’on croirait entendre Emir Kusturica.
Dans cette ambiance festive et joyeuse on retrouve bien l’esprit du cirque ; c’est plus qu’un concert, un vrai spectacle avec de la magie, des pitreries et des jeux de scène. La maîtrise du tempo est saisissante, avec une alternance maîtrisée de rythmes très rapides et de rythmes plus groove, parfois ragga. Des anciens morceaux comme « J’aurais bien voulu » ou « La Caravane » se marient avec des nouvelles chansons déjà connues comme « Des Fois », « Sista » ou encore « Sur la tête ». D’un coup, l’arrière de la scène accueille d’autres cuivres pour une fanfare de folie : les Fils de Teuhpu en pleine forme accompagnent les trois saltimbanques de la Rue Kétanou pour une version enflammée des « Cigales ».
Plus tard, c’est au tour d’Yves Jamait , son fidèle béret vissé sur la tête, d’interpréter « Y’en a qui », également accompagné des Teuhpu. On a droit à un festival de sons, de talents, de délires, avec notamment l’apparition d’une chanteuse australienne de la scène alternative, Nadéah, sorte de fée ensorceleuse.
Entraînant à souhait, on croit avoir atteint le maximum, mais le rythme s’accélère encore pour un final en beauté, une reprise en chœur de toute la salle de « La cigarette ». C’est l’apothéose de la soirée qui a répondu aux attentes les plus folles, sauf peut-être de certains fans qui réclamaient « Nina ». Acclamée de longues minutes, la troupe au complet peut mettre fin au voyage…
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Sortie du nouvel album « La Belle étoile » le 08/03/2010.
Texte : Lise Amiot
Photos : Marylène Eytier
