
Le 15 janvier 2010
Ils sont sagement assis au fond de la pièce des Disquaires, attendant leur tour. En provenance directe de Suisse, ils doivent se demander ce qu’ils font là dans ce bar bruyant. Ils s’élancent pourtant, avec bravoure, tels des funambules, sur le fil fragile de leur musique. L’orchestration est originale, trois garçons respectivement à la contrebasse, à la guitare et au xylophone, et une chanteuse. C’est du folk poétique, à la fois brut car acoustique dépouillé, et doux car sensible. Il y a du Yann Tiersen de l’ancienne époque, du Noir Désir dans une intro qui résonne comme « L’enfant roi » et une maîtrise saisissante des temps et des silences. C’est lancinant, planant et entraînant à la fois, rythmé, simple et bien amené : presque une autre dimension, un spectacle pour nous tous seuls. On est happé par leur univers malgré des conditions difficiles tant pour eux que pour nous. Quand les quatre voix s’élèvent en chœur sur « Photo de famille », on a presque des frissons. Cette langueur pas monotone monte doucement, prend de l’espace et s’impose finalement. A découvrir d’urgence dans un lieu propice à l’écoute de la musique.
Lise Amiot





