
Le 6 janvier 2010
Ils sont trois, dans la lumière blafarde, au fond de la salle du Truskel . On s’installe, on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Une poignée de fans aux cheveux hirsutes est au premier rang, c’est que l’artiste du soir est l’ancien guitariste d’Oberkampf ; un, sinon LE groupe précurseur du punk français à la fin des années 70. C’est donc la curiosité qui domine, d’autant que c’est le premier concert de Pat Kebra depuis qu’il a décidé de se remettre à la musique en 2005.
A contre-courant de la mode de reformation des anciens groupes, lui propose des compositions personnelles et un punk plus rock, voire poétique par moment. La guitare est rageuse, la batterie particulièrement efficace, la voix dynamique faisant penser aux Wampas , bref du son lourd mais bien dosé. Sans surprise, les textes sont engagés, mais là où ça devient intéressant c’est l’alchimie qui se crée entre les souvenirs du passé (25 ans déjà !) et la volonté farouche de se positionner ici et maintenant et « d’arrêter de regarder le passé » de la déclaration même de Pat. Ne rien renier du mouvement punk mais avancer, créer, s’épanouir avec pour seul mot d’ordre « Pas de nostalgie » ! C’est donc avec légèreté et humour qu’un ancien Oberkampf le rejoint sur scène pour une reprise de « Au présent », sortie sur l’album « P.L.C. » en 1983, et dont le refrain sonne comme un hymne : « On veut vivre au présent, au présent. »
Pour décrire le sentiment global, c’est donc un bon son furieusement actuel servi dans un cadre intimiste où l’on reçoit plein d’énergie et où il est clair que ce groupe mériterait plus d’espace. Il est assez réjouissant de voir un artiste qui ose revenir, sans fausse pudeur et avec le même esprit des années après. Puisse cette énergie rester intacte et espérons les recroiser bientôt sur la route.
Lise Amiot


