
Le 16 décembre 2009
A l’Européen ce soir, la première partie est assurée par Gaëlle Cotte, surprenant mélange de Maurane, Dobacaracol, Diane Dufresne et Mama Béa Tékielski. Avant tout, c’est une voix hors du commun, un répertoire chanson plutôt inspiré et une personnalité marquante qui impose le respect. A suivre donc…
Quand Arbon débarque en habit, le cheveu gris et le plissement malin aux coin des yeux, il commence désinvolte « Moi, j’attrape des hannetons… » Mais en fait, les insectes qui pullulent entraînent la chanson vers le réchauffement planétaire, puis le nombre exponnantiel de l’humanité (« Trop nombreux »). Le tempo est pop mélodique. Guitare, batterie, contrebasse. Mais il évolue aussi vers le rock (« On est tous des enfants malades, on est tous affamés d’amour »), avec des clins d’œil à l’Afrique et au reggae.
Mais ce qui marque c’est sa plume. Forte. Concise. Parfois caustique. Brassens ne renierait pas son « Peut-on être et avoir été ? », alors qu’ « Harry et René » évoque Bobby Lapointe, comme certaines pirouettes (« A la différence du cochon, tout n’est pas bon dans l’homme »).
Et la moralité de cet intelligent spectacle (…ce qui fait plutôt du bien par les temps qui courent où l’on est juste pris pour des consommateurs) peut se résumer par le titre « Tout est foutu sauf l’amour » !
Texte : Serge Beyer
Photos : Jean-Pierre Lavandier




