
Du 19 au 21 novembre 2009
En tant que grande vitrine montréalaise permettant de découvrir le meilleur de la musique récente du Québec et du Canada, M pour Montréal a très bien accompli sa mission cette année. Bilingue, l’événement s’adresse aux représentants du milieu musical international, mais aussi aux spectateurs boulimiques qui n’ont pas peur de découvrir une trentaine de groupes en 3 jours seulement! M pour Montréal se différencie des autres festivals parce qu’il présente des blocs de 6 artistes et que chacun dispose de 30 minutes pour offrir le meilleur de lui-même. Bref, aucun temps mort et place aux « power-set » – seules les pièces les plus efficaces doivent être proposées. Longueur d’ondes s’est prêté à l’exercice sportif et a repéré des artistes en tous genres dont on réentendre parler à coup sûr.
C’est dans ce contexte que se sont démarqués The Luyas (groupe art-pop aux instruments innommables, avec membres d’Arcade Fire et Bell Orchestre), Miracle Fortress (dance-pop livrée par un multi-instrumentiste et chanteur excentrique doté d’une voix singulière) et You Say Party! We Say Die! (groupe de Vancouver influencé par le new-wave qui sait créer toute une ambiance) lors du jour 1. Même si ces trois projets canadiens ne semblent rien avoir en commun, notons l’efficacité de leur performance et leur capacité d’étonner même ceux qui les ont déjà vus sur scène.
Le lendemain, nous avons eu droit à un concert hypermusclé des Torontois DD/MM/YYYY (« day-month-year ») qui, loin de faire du zouk comme ils l’annoncent sur leur MySpace, offrent plutôt un rock puissant, mathématique et réglé au quart de tour, avec effets noise et voix syncopée en prime (dans la même veine que Battles). En comparaison, la synth-pop des Silly Kissers faisait un peu pâle figure, même si leur naïveté assumée est attachante et que leurs mélodies sont très sympa. Nous avons particulièrement aimé la pièce en collaboration avec Cadence Weapon. Le jour 2 mettait aussi en vedette les Québécois Parlovr, récemment vus en tournée avec We are wolves, pour une bonne dose d’indie rock qui fonctionne de mieux en mieux live. Les membres du projet Le Matos – vus pendant le FME à Rouyn en septembre dernier – ont très bien conclu en électro un bloc musical plutôt rock. Avant que la surprise de la soirée (M pour Mystère) ne soit dévoilée : Beast, au grand plaisir des fans montréalais.
Double programme pour le jour 3 : un bloc francophone malheureusement casé en après-midi, puis la grande soirée M pour Métropolis, qui fait appel à des artistes plus connus présents aux éditions passées du festival. Si le programme franco n’était pas exactement composé de surprises pour les Montréalais, puisque les artistes sélectionnés jouissent déjà d’une bonne réputation locale, tous ont cependant été surpris par l’imprévisible Géraldine, qui a livré une performance éclectique et bizarroïde avec ses complices musicaux « cagoulés », jouant même de l’archet sur un ventilateur électrique. Les valeurs sûres du bloc ont aussi bien livré la marchandise : Caracol, ex-Dobacaracol, et ses chansons à saveur folk tirées de « L’arbre à fruits »; une Marie-Pierre Arthur très efficace même sans son entourage habituel; La Patère rose et Orange Orange, totalement en feu. La seule déception du moment? Le trio électro-dance très (trop) années 1980 Automelodi. Puisque l’ensemble du programme était axé chanson pop, même avec expérimentations électro bien présentes, on aurait bien aimé que d’autres styles soient représentés : le rock, la world, le hip-hop et, pourquoi pas, le métal! Car il s’en fait du bon aussi en français au Québec…
Le 4e M pour Montreal a pris fin sur une note moins « indie » avec Melissa Auf der Maur, qui se passe de présentations, et Misstress Barbara, DJ qui pilote maintenant son propre groupe (cette pratique est en voie d’être surnommée le « parcours DJ Champion »!). C’est au Québécois Xavier Caféïne, fort du lancement cette année de son disque « Bushido », qu’est revenu l’honneur d’ouvrir le bal : le moins qu’on puisse dire est qu’il est vraiment à l’aise sur scène et qu’il a bien remporté le pari. Mais les plus attendus de cette soirée de clôture étaient sans contredit Malajube et Champion, qui à eux seuls ont assuré la fête. Dommage que la foule majoritairement composée de leurs fans se doit dispersée pendant la performance finale de Fucked up. Trop punk hardcore pour succéder aux autres artistes? Sans doute. N’empêche le groupe récipiendaire du prix Polaris 2009 (Meilleur album canadien de l’année : « The Chemistry of Common Life ») a fait trembler le Métropolis et s’est vraiment donné à fond!
mpourmontreal.com
Marie-Hélène Mello
Photos: Michel Pinault, Véronique Messier et Stéphane Lacroix






























