ArnaudErik« L’armure »
(Monopsone)

Le temps est parfois un allié. Lame jamais émoussée, jamais ternie, Erik Arnaud se ceint à nouveau, après huit ans d’absence, de son épée pour défendre « L’armure ». Dix titres, dont « Vies monotones », une reprise de Manset. Un troisième album, trop court, taillé dans la braise et l’ombre. Le guitariste et ami d’adolescence François Poggio signe la mélodie de « Rue de Parme », histoire adultérine dans laquelle « on est seul à vouloir vivre à deux ». Et Erik Arnaud se charge du reste. On y retrouve l’abrasivité, l’économie rock, son écriture cinglante. Comme une gifle, un crachat. Où bataillent hasard apparent, fulgurances et volonté ferme. On y découvre surtout une nouvelle sérénité dans le chant. Une force qui va. Les matières les plus noires, compressées par le temps et les forces contraires, accouchant de diamants bruts et sales, il y est évidemment question d’amour, de cul et de doute. A preuve « Nous vieillirons ensemble », magnifique clin d’œil à Pialat. www.erikarnaud.com

Sylvain Dépée


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