WeddingSoundtrackA l’histoire de l’artisanat pop qui fait des prodiges, voici une nouvelle page. Rassérénant, à l’heure des ascensions artificielles des tremplins télévisés. Ce troisième album des Wedding Soundtrack s’enrichit ainsi de fins arrangements, nourris notamment au gembri, basse acoustique marocaine.

La prime à l’expérience ? Un peu de ça pour Clément, le compositeur du groupe : « Sur « Na na na ro », on est davantage rentrés dans une dynamique de groupe où chacun apporte ses idées, même si les arrangements sont principalement réalisés par Simon, notre homme-orchestre. Chez nous, le temps de la construction est très important, on cherche toujours à varier, à ne pas céder à la facilité, c’est notre manière d’être modernes. » Comme au jeu avec le ballon ovale, l’orfèvrerie pop nourrit des « fondamentaux » pour sortir de la mêlée. Tel le songwriting qui s’étoffe au fil des disques pour Clément : « C’est ma gymnastique, je cherche des idées de chanson tous les jours. En même temps, on ne peut pas vraiment appeler ça un travail. Le coté boulot c’est surtout de faire du tri et précisément l’idée de ne pas refaire ce qui a déjà été fait. » Au ramdam nirvanesque ou dinosauresque, The Wedding Soundtrack ajoute une part folk fiévreux équilibrant les débats. Les mélodies cheminent sur des terroirs éclatants, loin de la pop simpliste. Clément poursuit ce sacerdoce au sein du micro label Another Record. Une philosophie de vie ? « J’ai du mal à comprendre que tous les musiciens ne le fassent pas, ma passion de la musique ne se résume pas à la passion de ma musique. M’impliquer pour aider d’autres projets à voir le jour, c’est essayer de rendre une partie de ce que l’on me donne, c’est aussi un travail passionnant qui permet d’avoir une vision plus large de ce qui se fait et comment ça se fait. » La culture du libre développée chez Another Record pourrait-elle être menacée par la mercantilisation du Net ? « Avec la loi Hadopi, je crains le blocage des contenus par les industriels, mais aussi hélas un certain nombre d’acteurs culturels nous voient comme une concurrence déloyale au lieu d’un vivier et un terrain d’expérimentation. Il reste à miser sur l’intelligence de l’internaute malgré le rouleau compresseur médiatique. »

Vincent Michaud

« Na na na ro » – Another Record / Photo: D.R.

myspace.com/theweddingsoundtrack

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